« 20 minutes » ou l’entreprise en mode tremplin

Le média préféré des moins de cinquante ans reste résolument tourné vers l’avenir

Fidèle aux engagements et à l’esprit qui l’animent depuis sa création en 2002, la marque poursuit son émancipation en s’appuyant sur les valeurs avant-gardistes qui ont signé sa réussite.

Dans son fondement même, le concept importé en France par le groupe norvégien Schibtend qui l’avait testé dans quelques grandes villes d’Europe est innovant et le pari audacieux. Lancer un quotidien gratuit à destination des usagers des transports en commun des grandes agglomérations : il fallait oser !

20 minutesAvec 22 millions et demi de lecteurs par mois, le journal est le plus puissant sur la cible 15/49 ans en France

Construire son cœur de cible sur la base d’un lectorat exigeant et pressé, composé de « jeunes actifs urbains » (ainsi que le désigne Olivier Bonsart président du titre), en quête d’une information synthétique mais complète ne sonnait pas comme une évidence il y a quinze ans.

À ses débuts, 20 minutes compte 55 salariés, dont 26 journalistes. Aujourd’hui ils sont une centaine de cartes de presse et presque autant affairés dans les bureaux… C’est dire si le journal diffusé dans onze agglomérations : Paris, Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Rennes, Strasbourg et Toulouse (en plus de l’édition nationale qui couvre le reste du territoire), a fait ses preuves…

Avec 20 millions et demi de lecteurs par mois le média domine le marché de la presse après Le Monde et Le Figaro. Dans la catégorie « gratuit » la version imprimée caracole aussi en tête.

On s’en empare à la hâte en courant les quais de gare ou dévalant les escaliers du métro, puis on le roule sous le bras avant de se plonger dedans pour une durée qui en moyenne justifie son titre. Qu’on le commence par la fin avec les pages sport, people, culture ou qu’on l’attaque par l’actualité, la politique en premières pages ; qu’on le lise d’un trait ou qu’on le finisse à la pause-déjeuner, les 15/49 ans sont fidèles et habitués à ce quotidien rythmé.

Une stratégie gagnante

Pourtant la voie du succès n’était pas toute tracée. Si TF1 et le groupe Bolloré ont bien tenté de s’imposer sur le même créneau avec respectivement « Métro » et « Direct Matin » (ou « Soir »), seul « 20 Minutes » a tiré son épingle du jeu.

Quel est donc le secret d’endurance du journal dans un contexte qui voit le public se détourner des formats papier et les annonceurs leur préférer eux aussi les écrans ? « Conforter la réussite du passage au numérique sans dégrader la version imprimée », telle était l’ambition d’Olivier Bonsart lorsqu’il a pris les rênes de 20 Minutes en 2012.

Un challenge au cœur de la stratégie « phygitale » du titre qui na eu de cesse depuis ses débuts d’attirer de nouveaux lecteurs et de leur proposer pour ce faire des outils innovants et à la pointe de la technologie.

En 2007 le journal lançait son site internet, en 2009 son application mobile et en 2011, quelques mois seulement après la sortie en France de l’iPad, celle pour tablettes.

Dès lors, le président, également directeur de la publication tient à le souligner : « La marque est devenue un pure player, qui diffuse une édition papier certes mais qui s’est imposée comme un support mobile avant tout ».

Un parti pris payant puisqu’en marge de son développement digital (20 Minutes est le site média français qui génère le plus d’interactions sur les réseaux sociaux), le journal demeure le leader avec 3,75 millions de lecteurs assidus chaque jour.

Pour réaliser cette mue avec succès, là encore l’éditeur s’est montré précurseur en créant par exemple une communauté de jeunes lecteurs (18 à 30 ans) qui échangent quotidiennement avec la rédaction sur leurs attentes et l’intérêt des contenus. Une prise en compte de l’audience qui participe d’un état d’esprit collaboratif assumé et même revendiqué au sein de la direction.

Le temps partagé comme levier de croissance

On le voit, repenser les modes de fonctionnement conventionnels quitte à remettre en cause la hiérarchie, n’est pas de nature à freiner l’essor de « 20 Minutes » qui depuis le désistement de ses deux concurrents historiques précités entend s’épanouir davantage.

S’adapter toujours aux nouveaux usages, la ligne de conduite s’applique aussi à la gestion en interne…Les quelques deux cents collaborateurs qui pour les uns fourmillent sur le terrain, pour les autres s’activent dans les bureaux des antennes locales ou au siège à Paris n’excèdent pas 33 ans de moyenne d’âge. Une jeunesse des équipes qui fait la spécificité du journal, car avec le temps 20 Minutes est devenue une sorte d’académie tremplin.

« Nous connaissons, et c’est notre philosophie, un turnover important : nous faisons confiance à de jeunes collaborateurs qui se font une belle expérience chez nous et savent la valoriser par la suite. 20 Minutes, c’est un peu comme une école réputée par où sont passés un bon nombre des cadres actuels des équipes numériques des medias traditionnels » explique le président.

On mesure dans ce contexte combien l’appui d’un DAF et d’un DRH s’avère indispensable pour coordonner l’ensemble en bonne harmonie. Deux postes qu’Olivier Bonsart, toujours au fait des nouvelles pratiques n’a pas hésité à externaliser pour s’armer de compétences sur mesure.

Au pôle financier Gunthiern Fauglas apporte son analyse à raison de 2 jours par semaine, côté ressources humaines c’est Laurent Pagnon qui prend le gouvernail pour 3 jours. Selon les pics, chacun s’adapte.

Les deux experts bien qu’indépendants ont intégré la culture d’entreprise du média, en atteste leur présence aux comités de direction.

Invité le 7 juin dernier à recevoir le fameux sablier orange de la deuxième édition des Trophées du Temps Partagé, le président serein sur les perspectives de 20 Minutes témoignait : « Souplesse, mobilité, expérience et polyvalence : cette façon de travailler s’inscrit totalement dans l’air du temps et dans la culture du résultat qui est la nôtre ».

Olivier BONSART - Président de 20 MINUTESOlivier BONSART – Président de 20 MINUTES lors de la remise des Trophées du temps partagé 2017

 

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Marie-Victoire Vergnaud

Business Rédactrice

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