Le pont de l'ile de ReLe temps partagé s’invite à l‘île de Ré

La semaine nationale dédiée à cette nouvelle forme d’emploi était l’occasion de faire découvrir la pertinence du dispositif sur ce territoire atypique.

Coordonnée par la FNATTP (Fédération Nationale des Associations de Travail à Temps Partagé), la semaine du temps partagé dont c’était la dixième édition cette année a une fois encore prouvé l’intérêt d’échanger sur la pertinence de mutualiser les viviers de talents.

Un peu partout, à Paris mais aussi en régions, des évènements étaient organisés pour promouvoir aussi bien les groupements d’employeurs, que les associations, clubs, réseaux ou franchises qui agissent en faveur de l’agilité professionnelle. Les uns ont tenu des stands sur des salons de l’emploi, d’autres proposaient des journées portes ouvertes, certains ont animé des tables rondes, créé des petits déjeuners ou participé à des dîners…Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, toutes les antennes de la fédération se sont mobilisées pour expliquer les bénéfices à mailler les besoins de PME soumises à l’injonction de rentabilité dans un contexte de concurrence internationale, avec les attentes d’une génération de travailleurs devenue mobile grâce aux outils offerts par la révolution digitale.

Largement relayée notamment par les organes de presse locale, la quarantaine de  manifestations programmée du 8 au 12 octobre a attesté du bien fondé à poursuivre les efforts de communication autour de la nécessité de bouger les lignes quant à la définition du mot travail.

Sur l’île de Ré, dont la singularité du modèle économique convoque particulièrement l’innovation pour installer la pérennité attendue à l’année, le sujet a attisé la curiosité grâce à deux réunions d’information aux échos enthousiasmants.

Ile de Ré 1Le contraste d’une spécificité insulaire revendiquée et d’un rebond économique encore attendu

Entre tourisme et agriculture : la bulle « temps partagé » s’impose pour soutenir les nombreux entrepreneurs de l’île

Chaque été, elle occupe la Une des journaux, fidèle rivale chic de la bling bling Saint-Tropez ou consœur de la Corse à l’authenticité farouchement préservée.

Mais qu’en est-il hors saison s’inquiètent les vacanciers, qui d’avril à septembre multiplient sa fréquentation par dix ?

Terre de tradition paysanne, l’île de Ré continue de vivre de ses vignes, ses huîtres, son sel et sa fameuse pomme de terre grenaille, quand elle ne surfe pas (sans soute un peu trop, commence t-on à le relever) sur son attractivité touristique, toute de plages confidentielles, villages et paysages à l’environnement protégé.

Ici, on est agriculteur ou commerçant, entre les deux : difficile de subsister ! Et s’il n’est rien à juger de la noblesse de l’un ou l’autre métier, c’est bien là que le bât blesse, tandis que la Communauté de Communes doit recenser 20 000 habitants dans un avenir proche pour justifier sa gestion de l’aménagement de l’espace. Un espace tant convoité, que bien qu’ayant des difficultés à s’y loger (le parc de résidences secondaires occupe les 2/3 des logements), nombreux sont ceux qui s’installent avec l’énergie d’impulser le rebond souhaitable pour dynamiser le tissu économique local et l’espoir de conjuguer compétences et qualité de vie.

Parmi eux, rares sont ceux qui connaissaient l’alternative temps partagé pour appuyer leurs initiatives.

Ile de Ré 2Marie-Victoire Vergnaud du Portail du temps partagé, Marie Delattre du groupement « Solutions compétences » et Nathalie Wiederkehr de « Cowork en Ré » ont animé les 2 réunions d’information

(Photo Krisinda Garnier, Journal Le Phare de ré)

Une fenêtre sur l’avenir

Face à un public concentré, les réunions se sont ouvertes sur une présentation générale des différentes formes que revêt le travail à temps partagé. Salariés d’un groupement d’employeurs, en multi-salariat ou indépendants, on estime à environ 430 000 le nombre de professionnels qui ont choisi d’intervenir pour plusieurs entreprises. Un choix assumé, comme en atteste la dernière édition du Baromètre* qui révèle que 90% des concernés souhaitent continuer à exercer leur métier de cette façon, quand le temps partiel est d’ordinaire largement subi.

Comment des dirigeants peuvent s’allouer l’expertise de profils opérationnels le juste temps au juste coût ? Le sujet a fait mouche, alors que la masse des artisans, des acteurs du tourisme présents sur l’île cherchent à s’appuyer sur des compétences sans grever leur budget.

Pour répondre et étayer la démonstration de l’efficience du dispositif même sur un territoire qui défend sa spécificité insulaire, Marie Delattre, responsable de l’agence rochelaise Solutions Compétences a expliqué le fonctionnement d’un groupement d’employeurs. Des entreprises d’un même bassin s’associent pour se partager les savoir-faire de travailleurs, qui grâce à un agencement des besoins reconstituent pour leurs salariés (180 en l’occurrence) un CDI à temps plein.

Présente également, Nathalie Wiederkehr gérante des bureaux partagés « Cowork en Ré » à Loix (dans le nord de l’île) a quant à elle évoqué le bénéfice à croiser les réseaux, davantage encore sur un périmètre géographique restreint tandis qu’il est aujourd’hui offert à chacun d’explorer le travail à distance.

Ile de Ré 3Le coworking pour créer l’émulation, même sur l’île de Ré !

(Chez « Cowork en Ré » dans le village de Loix)

 * Le Portail du temps partagé publie depuis 2016 un baromètre, reflet des tendances de cette façon de travailler. Prochaine édition à paraître en février 2019

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Marie-Victoire Vergnaud

Business Rédactrice

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