Femmes et Travail à temps partagé

Alors que l’ONU profitait de la Journée Internationale des Droits de la Femme  pour pointer l’urgence d’intégrer « les femmes dans un monde du travail en évolution », allant jusqu’à relever le défi d’un « monde 50-50 en 2030 », le travail à temps partagé s’impose comme une opportunité qui se conjugue au féminin.

Femmes à temps partagéSi l’égalité entre les sexes constitue dans notre pays une norme juridique consensuelle, force est de constater que la société française reste marquée par des différences profondes entre les femmes et les hommes en termes de division du travail et de rôles sociaux.

Bien que désormais plus diplômées que les hommes, les femmes qui entrent sur le marché du travail continuent d’accéder à des postes moins favorables que leurs homologues, en termes de stabilité et de niveau de qualification (1). Quant aux écarts de salaires, ils persistent dans tous les pays et tous les secteurs (inférieurs de 23 pour cent à ceux que gagnent les hommes à l’échelle mondiale).

En cause ? La vocation parentale présumée des femmes, qui les assigne à des tâches domestiques (le modèle de la femme au foyer étant toujours soutenu par une personne sur cinq !) et les cantonne aux secteurs de la santé et les services sociaux, l’éducation ou l’administration publique. Pourtant, lorsqu’elles ont l’occasion de tirer profit de l’égalité des chances pour prospérer, l’expérience atteste qu’elles contribuent de façon conséquente aux sociétés et aux économies. Si les femmes jouaient le même rôle dans le monde du travail que les hommes, le PIB annuel mondial pourrait faire un saut de 26 pour cent d’ici 2025 ! (2)

De récentes enquêtes menées sur le sujet viennent battre en brèche les idées préconçues qu’elles ont encore à subir, comme le postulat qu’il faudrait les orienter vers des activités administratives ou de soin, alors même qu’on sait qu’elles ont autant que les hommes l’esprit scientifique ou mathématique. Seules 14% d’entre elles occupent des postes de direction. Dommage, car il est avéré que moins portées aux excès et au court-termisme, tout en mettant plus d’écoute et de liant dans leurs relations professionnelles, elles font d’excellents managers !

Aussi ont-elles été nombreuses sur toute la planète à déserter leur poste ce 8 mars à l’occasion de cette journée particulière qui leur est dédiée, dénonçant la prégnance et l’ancrage des stéréotypes de genre qui persistent sous toutes les latitudes.

En France, elles ont manifesté dans une quarantaine de villes, enjointes à quitter le bureau à 15h40, Soit l’heure à partir de laquelle, en commençant tous les jours à 9 heures, les femmes commencent leur temps de bénévolat quotidien. Coordonnée pour la première fois un peu partout dans le monde, il est à souligner que cette mobilisation a reçu cette année le soutien de nombreuses figures masculines. Ça bouge !

Alors qu’elles plaident pour une plus grande recherche de qualité de vie au travail, réclamant plus de sécurisation et de flexibilité des temps de travail ; le travail en temps partagé apparaît comme la façon de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle tout en exprimant les nombreux talents dont les femmes disposent.

(1)   « Femmes et hommes, l’égalité en question » enquête de l’Insee édition 2017

(2)   « The Power of Parity : How Advancing Women’s Equality Can Add $12 Trillion to Global Growth » McKinsey Global Institute (2015).

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Professionnel de la Communication et du Marketing, passionné d’économie, Bernard Anglezi dispose d’une connaissance et d’une expérience approfondies dans le domaine des nouveaux modes d’activités professionnelles.

Président de Cap Compétences (réseau associatif de cadres expérimentés) et Secrétaire Général de la FNATTP (Fédération nationale des associations de travail en temps partagé), il est aussi un fervent défenseur de la cause féminine…

Il nous explique pourquoi le travail à temps partagé peut contribuer à bâtir un monde du travail différent pour les femmes avec un large éventail de carrières.

Bernard Anglezi

Bernard Anglezi :

« Le monde du travail évolue à une vitesse impressionnante et les stéréotypes actuels voleront en éclat dans les quelques années à venir. La notion même d’égalité entre les hommes et le femmes devrait être un non sujet a terme. 

Pourquoi ?

L’emploi change et le travail en temps partagé favorise cette évolution.

Les chefs d’entreprises ne peuvent plus se cantonner à la notion d’emploi selon les critères de CDD ou CDI. Ils ont besoin d’expertise au juste coût et préfèrent désormais raisonner en termes de missions destinées à les aider à résoudre une problématique interne, qu’elle soit administrative ou technique. Il s’agira donc non plus de se valoriser par une expérience acquise au fil des ans, le déroulé d’un CV en somme, mais plutôt de mettre en avant l’adaptabilité, la capacité a réagir vite et bien pour un problème donné.

En ce sens, les spécialités professionnelles dites « masculines », notamment dans le domaine des industries et techniques sont ouvertes aux femmes.

Le temps partagé et les femmes ?

Il est la seule façon pour elles de sortir du carcan du travail a temps partiel (78% des postes à temps partiel sont occupés par des femmes et un tiers d’entre elles déclare le subir) qui souligne plus encore les écarts de salaires et la persistance de déséquilibres dans la prise en charge des tâches domestiques.

Le choix est aujourd’hui posé autour d’un désir de travailler selon des critères qui permettent aux femmes d’aménager leur emploi du temps pour concilier épanouissement professionnel et personnel, d’exprimer leur créativité dans des conditions stables et avec  une rémunération à la hauteur de leurs missions.

Un vœu pieux ? Pas forcément !

Dans ce contexte d’évolution, la notion d’homme ou de femme tend à disparaître au profit de l’agilité et la qualité professionnelle.

Malgré les sempiternels clichés machistes, de nombreuses entreprises dirigées par des femmes sont très bien positionnées sur leur marché et affichent souvent une rentabilité plus qu’honorable.

Le chemin reste long et épineux mais le message passe tout de même vers une égalité.

La femme est une professionnelle tout aussi importante qu’un homme et les chefs d’entreprises commencent à en prendre conscience.

Le monde professionnel  change et les femmes sont une composante indispensable à ces nouvelles formes d’activité. Le Baromètre du temps partagé 2017 publié en février dernier, nous apprend que 52% des femmes ont opté pour le travail en Temps Partagé pour valoriser leurs compétences tout en pérennisant leur statut.

Soyons optimistes et attentifs à évoluer vers un monde plus pragmatique dans lequel seule la capacité professionnelle sera prise en compte par delà la notion de sexisme d’un autre âge ».

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Marie-Victoire Vergnaud

Business Rédactrice

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